Ulcère de jambe, escarre, plaie du pied diabétique : ces plaies chroniques évoluent sur des semaines, voire des mois. Le geste technique — la réfection du pansement — est détaillé sur la page pansements et soins de plaies. Cette page-ci porte sur un autre temps, complémentaire : l'évaluation clinique qui guide la cicatrisation.
Évaluer avant de traiter
À chaque étape, l'infirmière observe et analyse pour orienter le protocole :
- l'aspect de la plaie (bourgeonnement, fibrine, nécrose, signes d'infection) ;
- son évolution dans le temps (taille, profondeur, exsudat) ;
- les facteurs qui freinent la cicatrisation (circulation, diabète, nutrition, appui) ;
- la douleur et le retentissement sur le quotidien.
Un plan de cicatrisation adapté
Cette évaluation permet de choisir le bon pansement au bon moment, d'ajuster la fréquence des soins et d'agir sur les causes (décharge d'appui pour une escarre, contrôle glycémique pour un pied diabétique). Dans le cadre défini par la loi de 2025, l'infirmière peut désormais primo-prescrire certains pansements et dispositifs — voir la page primo-prescription.
Coordination et suivi
Une plaie qui stagne doit être signalée : l'infirmière alerte le médecin ou oriente vers un spécialiste (angiologue, diabétologue, service de cicatrisation) quand c'est nécessaire. La traçabilité des observations, parfois avec des photographies de suivi, aide à mesurer les progrès et à ajuster la prise en charge.
Prise en charge
Les soins de plaies sont pris en charge sur prescription. Le volet évaluation/consultation s'inscrit dans le cadre de la consultation infirmière, dont certaines modalités se déploient jusqu'en 2029.
Un exemple concret
Un ulcère de jambe qui ne cicatrise pas malgré des pansements réguliers : en évaluant la situation, l'infirmière constate une mauvaise circulation veineuse insuffisamment prise en compte. En signalant ce point au médecin et en associant une compression adaptée au soin local, la plaie qui stagnait depuis des semaines recommence enfin à se refermer. Sans cette lecture clinique, le pansement seul aurait continué de tourner à vide.
À qui s'adresse cette évaluation
- les personnes porteuses d'une plaie qui ne cicatrise pas (ulcère, escarre, pied diabétique) ;
- celles à risque (diabète, alitement, troubles circulatoires) ;
- les patients dont la plaie est douloureuse ou récidivante ;
- les aidants, pour comprendre les gestes et la surveillance.
Questions fréquentes
Quelle différence avec la page « pansements et plaies » ?
La fiche soins décrit le geste technique du pansement. Cette page porte sur l'évaluation clinique qui l'accompagne : comprendre pourquoi la plaie traîne et adapter la stratégie.
Pourquoi une plaie met-elle si longtemps à cicatriser ?
Souvent à cause de facteurs sous-jacents : mauvaise circulation, diabète, dénutrition, appui prolongé. Les identifier est la clé pour débloquer la cicatrisation.
Quand faut-il s'inquiéter ?
Rougeur qui s'étend, chaleur, odeur, fièvre, douleur croissante : ces signes d'infection justifient d'alerter rapidement l'infirmière et le médecin.
Bon à savoir : page d'information ; elle ne remplace pas un avis médical. En cas de signe d'infection, contactez votre infirmière ou votre médecin ; en cas d'urgence, le 15. Cadre général : la consultation infirmière.