« Primo-prescription » signifie prescrire en première intention, sans qu'un médecin ait rédigé l'ordonnance au préalable. Jusqu'ici réservée à de rares situations, cette possibilité a été élargie par la loi du 27 juin 2025 et ses textes d'application. Elle traduit une réalité de terrain : l'infirmière évalue déjà des situations complexes au quotidien.
Prescrire, dans un cadre défini
La primo-prescription infirmière ne se fait pas librement : elle s'exerce dans le champ de compétences de la profession et selon des listes fixées par décret et arrêtés. Elle vise avant tout à éviter des ruptures et des délais inutiles dans le parcours de soins.
Ce que cela peut recouvrir
Sous réserve des textes en vigueur, la prescription autonome peut concerner, par exemple :
- certains dispositifs médicaux et matériels de soins (pansements, matériel lié au soin) ;
- certains produits de santé délimités par la réglementation ;
- certains examens utiles au suivi, dans le champ infirmier ;
- l'administration de vaccins, dont le périmètre s'est élargi ces dernières années.
Les listes précises évoluent avec les arrêtés : cette page ne les reproduit pas de façon exhaustive et renvoie aux sources officielles.
Ce que ça change pour vous
Concrètement, cela peut fluidifier certaines situations : renouveler un dispositif nécessaire, éviter un rendez-vous supplémentaire uniquement pour une ordonnance, gagner du temps sur un soin qui n'attend pas. Le tout en coordination avec votre médecin traitant, informé du suivi.
Une compétence encadrée, pas un remplacement du médecin
La primo-prescription ne fait pas de l'infirmière un médecin. Elle reste bornée à un périmètre défini, exclut le diagnostic médical et la prescription de traitements qui n'en relèvent pas, et s'inscrit dans une logique de complémentarité entre professionnels. C'est une reconnaissance de compétences, dans un cadre sécurisé.
Un exemple concret
Prenons une plaie chronique suivie à domicile : lorsqu'un pansement adapté vient à manquer, l'infirmière devait autrefois attendre une nouvelle ordonnance du médecin, au risque d'interrompre le soin. Dans le cadre prévu, elle peut désormais renouveler le dispositif nécessaire sans rupture — tout en informant le médecin. Résultat : une cicatrisation qui ne prend pas de retard, et un déplacement en moins pour le patient.
Ce que la primo-prescription ne permet pas
Pour bien en cerner la portée, il faut aussi voir ses limites. La primo-prescription ne permet pas :
- de poser un diagnostic médical ;
- de prescrire des traitements hors du champ de compétences infirmier ;
- de se substituer au suivi du médecin traitant.
C'est une compétence ciblée, pensée pour fluidifier des situations précises — pas un élargissement sans limite.
Questions fréquentes
L'infirmière peut-elle prescrire n'importe quel médicament ?
Non. La primo-prescription est limitée à des listes précises fixées par la réglementation, dans le champ de compétences infirmier.
Mon médecin est-il tenu informé ?
Oui, la démarche s'inscrit dans une coordination avec le médecin traitant, qui reste au centre du parcours de soins.
Ce cadre est-il stabilisé ?
Il se précise au fil des décrets et arrêtés. Les périmètres exacts sont susceptibles d'évoluer ; d'où l'importance de se référer aux textes officiels.
Note : page d'information sur le cadre légal, à jour à sa date de rédaction et susceptible d'évoluer. Elle ne constitue pas un avis médical ni une liste réglementaire exhaustive. Voir le cadre général de la consultation infirmière.